QU’EST-CE QUE L’ATELIER COLLECTIF ?
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  LE PRINCIPE

 

L'ATELIER COLLECTIF était à l'origine une expérience ponctuelle qui peu à peu est devenue récurrente. Après 20 ans d'existence et de nombreux courts métrages réalisés, il est en passe de devenir un lieu mythique et reste une expérience unique au monde. L'AC désigne l’ensemble des personnes qui s'inscrivent dans les projets de réalisation de court métrage d’animation en équipe développé à Zorobabel.

Le principe réside dans le fait que tous les participants sont co-auteurs du projet. L’Atelier Collectif conçoit tout le film de façon collective depuis le scénario jusqu’au montage final. Toutes les décisions sont prises en commun dans une logique de démocratie participative.
Les participants viennent en fonction de leur disponibilité dans la fourchette horaire proposée, à savoir quatre jours par semaine.

Concrètement, les participants organisent des réunions de travail au cours des différentes phases de réalisation. On se réunit autour d’une table, on prend des notes, on gribouille, on chipote, on s'enthousiasme, on doute, on sirote un café et le projet s’élabore. On s'efforce de rassembler le plus de monde pendant la phase de scénarisation. Ensuite, en cours de projet, on se réunit régulièrement pour décider de l'un ou l'autre point à discuter.
Le nombre de personnes varie beaucoup d’une réunion à l’autre, puisque chacun vient en fonction de sa disponibilité et qu’il arrive qu’on soit peu autour de la table, néanmoins de mini-réunions ponctuent régulièrement l’élaboration du film. Pour prendre une décision, on argumente, on discute, on vote et le projet avance pas à pas. Ces réunions servent aussi à informer le groupe sur l’avancement du film, à trouver des solutions techniques ou discuter d’une option à prendre sur le plan narratif ou esthétique.
Il ne faut pas de compétence spécifique. Ce point est primordial. L’Atelier Collectif est un lieu ouvert à tous, issus de toute provenance sociale ou culturelle. Le projet s’inscrit dans une dynamique d’éducation permanente, où l’on échange les savoir-faire, sans viser à prodiguer une formation professionnelle spécifique. Toutes les phases de la réalisation d'un film sont abordées : écriture de scénario, story board, scénographie, prise de vue, mise en scène, montage, sonorisation.

 

  LES MOYENS TECHNIQUES

 

La caractéristique principale qui différencie l’Atelier Collectif des ateliers d’initiation traditionnels réside dans les moyens mis à disposition du groupe de réalisation : le film est finalisé en 35 mm, ou au moins en HD et Full HD, avec des moyens techniques professionnels. Le petit plateau de tournage que nous utilisons dispose de deux cellules de prise de vue haute définition (un appareil photo numérique et un PC), doublées de cellule de contrôle de l'animation (un caméscope et un PC).

Nous utilisons aussi un banc-titre et, si nécessaire, une structure multiplane. Pour le son, un micro et un enregistreur DAT. Enfin, deux stations de montage sont entièrement dédiées aux films de l'Atelier Collectif. Les films étant réalisés sur une période d’un an, par des groupes qui comptent en moyenne plus d’une quarantaine de personnes, le résultat de ces films est très abouti, comme en témoignent les multiples sélections en festival et les prix obtenus.

La technique d'animation que nous privilégions en particulier en Atelier Collectif, c'est le "Stop Motion", ou "animation en volume". C'est en effet une technique qui assure un travail créatif de bout en bout lorsqu'on travaille en collectif. C'est-à-dire que, même au stade du tournage, il y a encore le travail des lumières, de mise en scène et d'animation qui entre en jeu. Il est aussi plus facile de se mettre d'accord sur une esthétique en volume que sur un style de dessin.

On n'imagine pas réaliser un dessin animé, où il faudrait nous plier à un style déterminé et où nous devrions aligner des centaines de dessins à longueur d'année. Cependant nous nous permettont, pour certaines séquences, de faire quelques incursions dans les autres domaines du genre : dessin animé, pixillation, banc-titre multiplan, peinture animé, Flash, live, rotoscopie, papier découpé animé, compositing, etc.

 

  LES PARTICIPANTS

 

Le public est très divers : étudiants, du secondaire et principalement du supérieur, demandeurs d’emploi ou émargeant à l’aide sociale, employés à temps partiel, etc.
Les participants n’ont généralement pas d’expérience préalable dans l’animation, le but de l’atelier étant de faire découvrir ce medium. Ils n’ont pas nécessairement de culture spécifique en matière de cinéma. L’idée directrice d’un tel atelier est de permettre à tout un chacun de s’ouvrir et d'élargir son champs culturel et social, y compris l'animateur de l'atelier.

De nombreux stagiaires, pour lesquels une convention est établie avec des écoles, des associations, des centres de formation, des agences pour l’emploi ou des institution d’aide publique, viennent à l’atelier. Ils sont automatiquement associés au projet en cours de l’Atelier Collectif et ce, au même titre que les autres inscrits : à savoir qu’ils sont entièrement intégrés au processus créatif de l’atelier et, à ce titre, ils sont considérés comme co-auteurs.

Le coordinateur de projet fait en sorte que le stagiaire accomplisse des tâches en accord avec les objectifs pédagogique de l'institution dont il dépend. S'il vient d'une école de cinéma, il s'occupe de prise de vue ou de postproduction; d'une école de stylisme, des costumes; d'une école de traduction, des sous-titres; d'une école de communication, de la préparation d'un évènement; d'une école de Beaux-Arts, d'un peu de tout; etc.Du fait de leur présence régulière, sur base de la convention qui les concerne, ils permettent souvent d’assurer une continuité au projet, sachant que les inscrits habituels viennent en fonction de leur disponibilité et donc de façon aléatoire.

La participation de chacun est fonction de ses envies propres et de sa disponibilité. Aucun rôle prédéterminé n’est attribué à l’un ou l’autre des participants, à chacun de déterminer la part qu’il veut prendre dans le projet et à quel niveau de réalisation.

Certains viennent d’avantage pour le scénario, d’autre pour le montage et les effets numériques, d’autre encore s’intéressent plus spécifiquement à l’animation pure ou à la scénographie et aux costumes. Enfin, il y a ceux qui viennent pour l’expérience humaine d’un projet d’équipe convivial et ludique. Dans cette optique, les participants sont souvent amenés à devenir polyvalents, vu le nombre de disciplines convoquées dans la fabrication d'un film d'animation.

Concrètement, quand un participant arrive, le coordinateur fait un topo sur l’avancement du projet et sur ce qu’il y a moyen de faire à ce moment-là et le participant fait son choix. Cela implique une certaine capacité d’écoute de la part de l’animateur ; sa constante préoccupation consiste à faire en sorte que chacun trouve sa place dans le projet, ce qui n’est pas une mince affaire. Il y a donc des contributions extrêmement variées dans le film. Dans un groupe, et c’est particulièrement vrai au cours des discussions, il y a toujours des prises de pouvoir et donc, des personnalités qui émergent plus que d’autres. Il faut donc constamment veiller à ce que tout le monde participe.

 

  LA COORDINATION

 

Plusieurs questions (suggérées peut-être par quelques rumeurs malintentionnées) se posent quand au rôle du coordinateur de l’atelier. Certains ont cru que les membres de l’Atelier Collectif venaient réaliser un projet préalablement conçu et mis au point par les animateurs de Zorobabel. Dans ce cas de figure, les inscrits auraient le rôle d’exécutants bénévoles dans une production sur laquelle ils n’ont rien à dire et les animateurs de Zorobabel en seraient les vrais réalisateurs.
Pourquoi a-t-on pu croire cela ? Il faut dire que le bénévolat, comme mode de fonctionnement, est courant dans le cinéma traditionnel vu le coût de celui-ci.

Le cinéma d’animation, en particulier, est avide de petites mains qui viendront mettre en couleur, monter des décors ou « cleaner » des dessins. Ce n’est pas nécessairement de l’exploitation : certains y trouvent l’occasion d’effectuer un stage, d’acquérir de l’expérience ou d’investir un milieu. Faut-il encore qu’ils y trouvent leur compte, surtout s’ils sont relégués à servir le café ou à jouer les chauffeurs. Le cinéma continue à faire rêver, semble-t-il.
Quelque soit la position morale que l’on peut tenir par rapport au bénévolat, l’Atelier Collectif ne se situe de toutes façons pas dans ce débat. On ne vient pas à Zorobabel pour avoir la « chance » de travailler sur un film d’animation professionnel et pour un réalisateur chevronné mais pour réaliser un film d’animation dont on est le co-réalisateur. On vient à Zorobabel pour être partie prenante d’un projet d’équipe sans qu’il y ait de hiérarchie entre les participants, pour développer un projet propre au groupe où tout le monde a son mot à dire.
Ce ne sont pas non plus des professionnels qui offrent leurs services à l'équipe de réalisation. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de pré-requis ou de compétences spécifiques exigées pour participer au film.

Le projet est clairement élaboré dans un contexte d’Éducation Permanente, où l’on s’échange les savoir-faire, on l’on partage des moments de vie et de création, hors de toute contrainte et obligation d’horaire et de rentabilité. Si, parmi les membres de l’équipe, s’insère une personne qualifiée dans un domaine de la réalisation, ce ne doit pas être dans la perspective d’une rémunération mais dans l’idée de créer en collectif.
Sont donc rémunérés les personnes extérieures au projet engagées pour leur compétence et n’ayant pas le statut d’auteur du film: les comédiens, les musiciens, l’ingénieur son du studio Dolby, etc.

C'est peut-être une évidence de préciser ce qui suit, sachant que l'on évolue dans un contexte d'Éducation Permanente, mais cela ne l'est pas pour tout le monde : Il faut bien comprendre que l'Atelier Collectif n'obéit pas aux logiques marchandes de l'industrie audiovisuelle parce qu'il n'a aucune visée commerciale.
Si l'on connaît le destin d'un court métrage d'animation, on sait que ce type de film ne connait pas de carrière particulièrement lucrative. Il n'est donc pas à l'ordre du jour de nous lancer dans l'industrie de l'animation, celle des séries télévisées, des spéciaux TV ou des longs métrages. Nous tenons à préserver l'indépendance que nous donne le court métrage. Un projet télévisuel imposerait inévitablement des délais et une pression qui ne serait pas en accord avec nos objectifs sociaux et culturels.
Par ailleurs, ce type de projet, comme les longs métrage par exemple, imposerait une masse de travail et un temps de réalisation hors proportion par rapport à la façon de fonctionner de l'Atelier Collectif. Et enfin, sachant que la technique privilégiée au sein de l'Atelier Collectif est l'animation en volume, nous estimons qu'il est financièrement impossible d'envisager la production d'un long métrage en volume en Belgique (sinon comme producteur minoritaire).

Les derniers longs en volume sortis sur nos écrans ont été produits avec des moyens américains ("Nightmare before Christmas", "Chicken run"), si l'on excepte des initiatives totalement folles et passées inaperçues comme le superbe "The legend of the sky kingdom" de Roger Hawkins, produit au Zimbabwe.

Pour revenir au rôle de l'animateur, qui, comme on l'a dit plus haut, ne vient pas avec un scénario tout fait en début de projet, il n'est pas exclu qu'il propose une base de travail préalable. Celle-ci ne reflète en aucun cas la volonté d’imposer un scénario préparé de longue date avant les premières réunions.

Quelques exemples :

Pour le premier projet, lancé en 1997, les animateurs ont proposé d’adapter le conte «Barbe bleue». Tout le travail d’adaptation et de réflexion autour du conte, relève d’une démarche collective. « Le petit théâtre mécanique » et « Le complot de famille » sont des scénarios originaux élaborés en groupe.

Pour « Jan Hermann », les animateurs ont suggéré un processus de création pour permettre de rompre avec les clichés que pourrait générer un scénario collectif. Il s’agissait d’élaborer l’histoire en partant d’interviews existantes. Le travail de recherche et de sélection des interviews fut mené par le groupe et une histoire émergea naturellement de cette démarche. Ces interviews furent ensuite retravaillées, détournées et réinterprétées.

Pour « Transit », le cinquième projet, le coordinateur a proposé de faire un documentaire en laissant libre le choix de plutôt réaliser une fiction si le groupe le souhaitait. Une fois l’idée du documentaire acquise, le choix du sujet fut débattu autour de la table. Enfin, pour le sixième projet, il a été décidé de revenir au processus de l’adaptation d’un texte existant. Pendant plusieurs mois, nous avons cherché avec le groupe de l’Atelier Collectif une nouvelle adaptable et tombée dans le domaine public.  

Beaucoup de nouvelles ont été proposées. nous discutions régulièrement des possibilités d’adaptation. Des résumés ont été rédigés et le choix s’est porté sur une nouvelle, trouvée dans un recueil apporté par un stagiaire.


Cette base de travail proposée par l'animateur reste assez ténue (un conte, un procédé, etc.) et permet bien souvent de lancer la discussion au sein du groupe en début de projet.

Cependant, en Atelier Collectif, le rôle de l’animateur est sensiblement différent de celui qu’il exerce habituellement en atelier d’initiation, avec des enfants par exemple. Dans ces cas-là, il est plus en réserve, s’efforçant de faire émerger une parole chez les enfants et d’assurer le cadre pédagogique et technique. Au sein de l’Atelier Collectif, son rôle est celui du coordinateur, responsable d’assurer la cohérence esthétique et narrative du projet.
Il garantit un suivi à toute les étapes de réalisation mais aussi de production. Il rassemble les idées au moment du story board dont il assure la finalité, maîtrise le matériel technique de prise de vue, de son et de postproduction, recherche les comédiens, recherche les financements, fait le lien avec les instances publiques, etc. Étant présent de bout en bout pendant la réalisation, il est inévitablement partie prenante du film et il serait hypocrite de considérer qu’il est abstrait du processus de création, sachant qu’il porte le projet pendant une année entière.
Il est donc assimilé à un co-réalisateur, au même titre que les autres membres de l’Atelier Collectif.Dans cet ordre d’idée, il participe d’un mouvement récent dans l’éducation permanente, qui voit s’estomper la distinction entre les acteurs du lieu (gestionnaires-animateurs) et les «usagers» du lieu (le public de l'association) . Il revendique donc le droit d’être aussi l’utilisateur de ce lieu. Et peut-être que cet aspect des choses a semé quelque peu la confusion dans les esprits quand à l'identification de l'auteur du film : les films sont effectivement et sans ambiguités réalisés en collectif par l'Atelier Collectif et non par les seuls animateurs de Zorobabel. Les génériques sont d'ailleurs sans équivoque à ce sujet, il est bien indiqué systématiquement : "Réalisation : Atelier Collectif"

 

  LA DIFFUSION

 

Les films sont réalisés avec de moyens professionnels (35 mm – son Dolby) et sont ensuite, malgré le contexte pédagogique dans lequel ils naissent, diffusés en festival ou en télévision au même titre que n’importe quel court métrage réalisé dans des conditions de productions traditionnelles. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de catégorie pour ce type de production : ce n’est ni un film professionnel, ni un film d’étudiant (Zorobabel n’est pas une école).

Aucune catégorie "film amateur collectif" n’est bien entendu prévue puisque ce type d’expérience est à notre connaissance unique en animation. Les films se retrouvent donc en compétition avec les films d’auteur. Ce qui a pour conséquence de mettre quelque peu à mal la distinction entre amateur et professionnel, ce qui n’est pas un but en soi mais qui permet de décloisonner parfois les choses établies.Ce travail de diffusion est un point capital. Il contribue à assurer une reconnaissance pour le groupe de réalisation, à motiver les membres du groupe et à garantir le fait que l’effort fourni n’est pas vain. Certes, Zorobabel, en tant que producteur, en retire une certaine renommée comme pour tout court métrage produit en son sein mais chaque co-réalisateur des films de l’Atelier Collectif peut légitimement revendiquer sa participation au projet. Et cela, même si la diffusion d’un court métrage reste modeste et confinée aux cercles des spectateurs de festivals et aux émissions tardives à la télévision.

 

  LE FINANCEMENT

 

Si ces films sont diffusés, ils génèrent donc des recettes. Il y a les prix en festivals, les passages en télévision, les avant-séance dans les salles de cinéma, une édition en DVD et les droits d’auteur. Toutes ces recettes sont destinées exclusivement à la production des films de l’Atelier Collectif. Il n’était en effet pas imaginable de pouvoir répartir les sommes entre les différents participants, compte tenu qu’ils sont nombreux (pour « Barbe Bleue », nous étions 80, chacun aurait obtenu une somme ridicule sans compter qu'il faudrait y retrancher le salaire lié au travail de comptabilité et de gestion de cette répartition)

De plus, il n’y a pas de critère objectif pour établir une répartition juste en fonction des contributions de chacun.Il a donc été décidé d’affecter cet argent, uniquement et exclusivement, à la production des films de l’Atelier Collectif, sachant que les sources de financement, à la base, ne sont pas pléthores : le financement provient essentiellement des différents services d’éducation permanente et de jeunesse (au niveau régional, communautaire, fédéral et européen).
C'est donc sur base du volet social du projet que les instances publiques soutiennent ce projet plus que sur base du volet culturel. Et ce projet a indéniablement une dimension sociale. Mais, vu la qualité des films, la dimension culturelle est tout aussi présente. Nous avons bien obtenu deux fois une aide du secteur culturel, service cinéma, mais la configuration de production qui est la nôtre, à savoir un projet en équipe, et avec des amateurs de surplus, ne rentre pas tout à fait dans le cadre de leur critère de sélection, ce n’est donc pas uniquement la qualité des films qui est jugée. Par contre, ce même service cinéma a déjà octroyé trois prix aux films de l’Atelier Collectif; il y a donc, de la part de la sphère culturelle et par la bande, une forme de reconnaissance pour ce travail, en dehors de la sphère strictement sociale.

Si les films collectifs ou amateurs n'entrent pas dans les critères de cette politique d'aide au cinéma, c'est parce que les instances publiques préfèrent aider les courts métrages d'un jeune cinéaste prometteur, qui, un jour, réalisera un long métrage, qui, un jour, brillera dans les festivals internationaux. Cette politique culturelle est donc une politique étrangère, un peu comme dans le sport. Il est donc logique que notre démarche ne cadre pas totalement avec leur système d'aide au cinéma.

En ce qui concerne les droits d’auteur, les sociétés de gestion de droit d’auteur n’ont pas prévu une telle façon de fonctionner, sinon par un calcul insensé et, à coup sûr, arbitraire, de la contribution de chacun. Il est impossible de déterminer clairement qui a fait quoi, qui a eu telle ou telle idée, et dans quelle proportion. En cinéma traditionnel, la distinction auteur ou pas ne reflète pas la complexité de la genèse d’une création. Le scénariste, le réalisateur et le musicien sont considérés comme les auteurs.

Toute une série de créateurs tiennent un rôle crucial dans l’élaboration du film. Bien souvent, le storyboardeur doit imaginer la mise en scène, le cadrage, le point de vue, le jeu des acteurs, les décors et les accessoires, ce travail s’apparente à celui d’un auteur de bande dessinée. De même, l’animateur dans une animation en volume tient le rôle d’un metteur en scène, prenant en compte la dramaturgie et la psychologie des personnages. Il en va de même pour la scénographie, les layouts, les costumes, le montage, la photographie de plateau qui déterminent l’esthétique d’un film.

Une convention particulière a donc été établie pour que ces droits d’auteur servent à financer les films de l’Atelier Collectif. De cette façon, l’Atelier Collectif s’auto-finance en partie.

 

  FILMOGRAPHIE

 

"Barbe Bleue"
1. “Barbe Bleue”, de l'Atelier Collectif (35 mm, coul., 15’, 2000)
Barbe Bleue, un homme riche et puissant, épouse une jeune fille, Ariane, qui devient sa septième épouse. Un jour qu'il part en voyage, il lui interdit de pénétrer dans son cabinet secret pendant son absence.Ce huis-clos cruel et spectaculaire, échafaudé autour de la figure psychotique du personnage titulaire (avec une lourde dimension sexuelle) privilégie une vision ambivalente de ce serial killer avant l'heure : l'homme est à la fois séduisant, fascinant et terrifiant. À son comportement sanguinaire s'ajoute une dimension supplémentaire qui explique en partie sa manie pathologique de conserver les cadavres de ses moitiés : le cabinet secret de Barbe bleue, qui est ce qu’on appelait au 18ème siècle un «cabinet de curiosités». C'est-à-dire une sorte de musée personnel rassemblant des pièces rares, relevant de l'histoire naturelle ou de la cryptozoologie. La véritable héroïne de l'histoire est Ariane, sa jeune épouse. Celle-ci effectue un parcours initiatique qui lui ôtera son innocence première.
Prix Cinergie au 20ème Festival du dessin animé et du cinéma d'animation de Bruxelles, 2001.
Mention (pour l'animation) au 23ème Festival du Court métrage Media 10/10 de Namur, 2001.
Prime à la qualité, Centre du cinéma et de l'audiovisuel, Communauté Française, 2002.

"Le petit théâtre mécanique"


2. "Le petit théâtre mécanique", de l'Atelier Collectif (35 mm, coul., 7’30'', 2002)

Dans un centre commercial, un petit théâtre mécanique joue en boucle "Hansel et Grethel" sur un air de comédie musicale. Thomas, un gamin d'une dizaine d'années, s'y retrouve contraint et forcé pendant que ses parents sont partis faire les courses. Lassé par la répétition de cette adaptation consternante, il imagine une version revue et corrigée, où les parents en prennent pour leur grade … Le film s'inscrit en porte-à-faux par rapport à une logique propre aux contes de fée : ces récits racontés aux enfants, le soir, avant le coucher, tendent à maintenir un ordre social où les parents gardent leur rôle de responsables bienveillants alors même que le conte met en scène des parents qui abandonnent leurs enfants dans une forêt. Thomas, lui aussi un peu laissé pour compte par ses parents, invente une nouvelle issue pour cette histoire d'enfants abandonnés.
Prix du "meilleur court métrage" au 24ème “Festival du film indépendant", Bruxelles, 2002.
Trophée Jacques Tati. Prix du public au 6ème “Festival du film" de vendôme, France, 2002.
Prime à la qualité, Centre du cinéma et de l'audiovisuel, Communauté Française, 2003.
Mention Cinergie au 23ème “Anima", Bruxelles, 2003.
Prix de la Sabam au 23ème “Anima", Bruxelles, 2003.
Prix du public pour l'animation - Rencontres Audiovisuelles, Lilles, France, 2003.
Prix spécial du jury Moscow Intenational Children's animation films festival, Goldfish, Moscou, Russie, 2003.
Mention Spéciale du Jury du FIKE 2004, Évora Int. Short Film Fest., catégorie d'Animation, Portugal, 2004.

"Le complot de famille"

3. "Le complot de famille", de l'Atelier Collectif (35 mm, couleur, 6’ 00'', 2003)
Un mythomane, paranoîaque de surcroît, va pousser la logique du complot dans ses derniers retranchements. L'unique personnage du film met en scène sa propre vie en manipulant des poupées grandeur nature qui lui font office de famille et ses gestes se font l'écho de ceux de l'animateur, qui donne vie aux poupées d'un film d'animation en volume.
Coup de coeur au 5ème Festival du Film Court francophone de Vaulx-en-Velin, France, 2005.

"Jan Hermann"

4. "Jan Hermann", de l'Atelier Collectif (35 mm, couleur, 9’ 00'', 2004)
Ce film est un reportage. Nous plongeons d'emblée au cœur d'Hollywood à l'apogée du cinéma muet. Une grande star, Jane Clark, est sur toutes les affiches de l'époque. Elle est révélée par le film incontournable du réalisateur Frank Liebermann, " Les mystères de NY ", qui chaque soir, attire la foule dans les salles de cinéma. Étrangement, Jane Clark disparaît de la scène, en pleine gloire, alors que le cinéma muet fait place au parlant. Cinquante ans plus tard, en 1979, à Sainte Croix sur mer, un petit village reculé de Bretagne, nous assistons à l'enterrement de Jan Hermann, un vieil immigré hollandais. Selon ses voisins, c'était un homme sans histoire, même si il parlait peu de son passé. Personne ne se doute alors que Jan emporte un secret dans la tombe. En mettant de l'ordre dans les affaires de son père, Daniel Hermann découvre une histoire inimaginable.
Prime à la qualité, Centre du cinéma et de l'audiovisuel, Communauté Française, 2004.
Grand Prix Anima 2004 de la Communauté Française, Bruxelles, 2004
Prix du public - Rencontres Audiovisuelles, Lilles, France, 2003.
Prix du meilleur scénario au festival "Le court en dit long", Centre Wallonie-Bruxelles, Paris, France, 2004.
Prix spécial du jury au 26ème “Festival du film indépendant", Bruxelles, 2004.

transit

5. "Transit", de l'Atelier Collectif (HD, couleur, 23’ 30'', 2005) “Transit” est un film documentaire élaboré autour de témoignages de réfugiés (turc, congolais, colombien et iranien) ainsi que de personnes qui ont un point de vue sur la question des nouvelles migrations, à savoir Olivier Maerens, porte-parole de l’Office des Étrangers et Pierre-Arnaud Perrouti, du MRAX.
Tous ces entretiens sont illustrés en animation et ponctués de diverses séquences qui donnent aperçu plus général sur la question.
Pratiquement toutes les techniques existantes du cinéma d’animation sont utilisées dans ce film : dessin animé, animation en volume (poupées articulées), banc-titre multi-plan, pixillation, Flash, images de synthèse, compositing, peinture animée, rotoscopie, retouches numériques, etc.

Prix de la presse au festival Media 10/10, Namur, 2005.

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6. "Otomi", de l'Atelier Collectif (35 mm, couleur, 14’ 30'', 2006) Adaptation d'une nouvelle de Ryunosuke Akutagawa, intitulé "La chasteté d'Otomi", le film décrit les comportements extrèmes auquels l'homme peut succomber dans des situations de crise. L'action se déroule au début de l'ère Meiji (1868), dans un quartier de Tokyo déserté par ses habitants à l'annonce de l'attaque de l'armée contre des forces rebelles. Dans une des maisons du quartier se déroule un huit clos opposant un vagabond nommé Shinko et la servante de la maison, Otomi, venue récupérer le chat de sa patronne.
Grand-Prix Award at the Akira Kurosawa Memorial Short Film Competition 2006, Imari, Japon.
Prime à la qualité, Centre du cinéma et de l'audiovisuel, Communauté Française, 2006.

Le diagrame du migrant
7. "Le diagramme du migrant" de l'Atelier Collectif (HD Flash, colour, 2'00'', 2007)
En 2 minutes, un diagramme nous décrit les différents parcours possibles qu'un réfugié peut suivre. Ce film fut réalisé pour l'internet et intégré, par ailleurs, au film "Transit".
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8. "Déjà vu", de l'Atelier Collectif (35 mm, couleur, 19 ' 57'', 2008)
Tout commence comme le plus typique des polars : un ex-flic détective, des gangsters, une femme fatale, un flic pas clair. Une rhétorique et une mécanique narratives huilées comme un pistolet automatique. Sauf que le héros meurt après quelques minutes de film et que soudain la machine s'emballe et répond à une toute autre logique... En partenariat avec Mordalia

ok

9. "Kill the surfers" de l'Atelier Collectif (HD, couleur, 3 ' 23'', 2009)
Illustration en animation d'un morceau extrait du troisième album de Ghinzu, "Mirror mirror".
Prix du jury "Jeunes" section "video clip" au 2è Fest. int. du court métrage d'animation de Roanne, France, 2011.

ok

10. "L'affaire Ghinzu" de l'Atelier Collectif (HD, couleur, 16' 20'', 2010)
Reportage en animation sur l'affaire "Ghinzu".
Suite à la disparition de John Stargasm, le chanteur du groupe, le journaliste Thomas Lanvers enquête, caméra à l'épaule, sur l'évolution du groupe après l'engagement du nouveau chanteur, Monroe Charles, un ami d'enfance de John. Le document présenté ici au public est une cassette DV retrouvée par la police et montrée dans son entier, sans aucun montage. Le premier film d'animation en volume (stop motion) tourné caméra à l'épaule !
En collaboration avec Ghinzu.

ok

11. "Kimiko" de l'Atelier Collectif (HD, couleur, 3' 23'', 2011)
Parodie de série animée japonaise en forme de clip sur une musique de F.aBot.

kin

12."Kin" de l'Atelier Collectif (35 mm, couleur, 11' 00'', 2011)
Kin est une photographie sociale de Kinshasa, où vont se croiser des personnages emblématiques de la ville : un taximan licencié en économie, un policier, un garagiste, un “poussepousseur”, etc. Ce sont les jouets africains confectionnés en fil de fer et tôle de canettes récupérées qui ont déterminés l’esthétique générale de ce film d’animation en volume. Et, dans cette même logique de récupération, la thématique du film porte sur la débrouille et le recyclage. Au-delà d’un récit en apparence anecdotique, le film met en scène des problématiques liées à la créativité sociale pour faire face aux situations difficiles de vie. La narration prend la forme d’un conte africain, même si le récit lui-même n’est pas un conte. Elle sera assurée par le conteur et écrivain congolais In Koli Jean Bofane, auteur de «Mathématiques congolaises» (Acte Sud) et de «Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux» (Gallimard Jeunesse, prix de la critique de la Communauté française de Belgique en 1997). Les voix des dialogues sont interprétés en dialecte local kinnois, le Lingala.
Grand-Prix de la Communauté française, Anima 2011, Bruxelles.
Prix de la Rtbf, Anima 2011, Bruxelles.

Ghinzu

13. "Pigmaleón" de l'Atelier Collectif (HD, couleur, 4' 45'', 2011)
Pigmaleón est un film sur le mouvement : celui des corps et des âmes, celui d'une marionette animée et de son créateur, celui du cinéma d'animation et de la danse. Un réalisateur de film d'animation en volume, aux allures de bûche mal dégrossie, sculpte, fabrique et habille une poupée photoréaliste et la met en scène devant sa caméra. Le réalisateur joue les mouvements au préalable et anime la poupée-danseuse, interprétée par la danseuse et comédienne Emmanuelle Vincent de la compagnie t.r.a.n.s.i.t.s.c.a.p.e, sur une musique de Jorge Piquer.
Dans la foulée des mouvements que le réalisateur prête à la poupée, il se joint à la chorégraphie, et l'on ne sait plus qui mime qui. Ils entament ensuite une danse de couple, de séduction et de charme.

qjep


14 à 66. "Quand j'était petit(e), je croyais que" de l'Atelier Collectif (HD, couleur, 52 X 45'', 2013)
«Quand j'étais petit(e), je croyais que» est une série de courte séquence de 30 secondes (45 avec le générique) sur les croyances enfantines. Les séquences mêlent l’humour et la poésie, avec une certaine profondeur, avec leur vision du monde, certes naïve, mais empreinte de la fraîcheur et de la curiosité philosophique dont font preuve les enfants. Une multitude de techniques sont convoquées.

naoto 67."No-go zone" de l'Atelier Collectif (DCP, couleur, 5'00'', 2014)
"No-go zone" évoque la vie au quotidien du dernier homme demeuré dans la zone rouge, après l'évacuation de la région de Fukushima et l'accident de la centrale nucléaire.
En cours de réalisation.

       
Atelier Collectif 2000-2003 Atelier Collectif 2004-2008 Atelier Collectif 2009-2011 Atelier Collectif 2012
"Atelier Collectif 2000-2003"
DVD Pal, Multizone
couleur,stereo, 45'00
isbn 978-2-930356-53-2
12,00 €
inclus :
"Barbe Bleue", "Le petit théâtre mécanique", "Le complot de famille", "Jan Hermann" & "Tout jeune garçon"

"Atelier Collectif 2004-2008"
DVD Pal, Multizone
couleur, stereo, 60'00
isbn 978-2-930356-54-9
12,00 €
inclus :
"Transit", "Otomi", "Le diagramme du migrant" & "Déjà vu"

"Atelier Collectif 2009-2011"
DVD Pal, Multizone
couleur, stereo, 52'00
isbn 978-2-930356-82-2
12,00 €
inclus :
"Kill the surfers", "L'affaire ghinzu", "Kimiko", "Kin", "Pigmaleón" & "Des cailloux plein les poches"

"Atelier Collectif 2012"
DVD Pal, Multizone
couleur, stereo, 39'00
12,00 €
inclus :
"Quand j'étais petit, je croyais que"

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